Babylon Circus (Ska)

À propos du projet

Crédit photo : Lucie Rimey

Noces d’argent pour le Babylon Circus et son public qui d’ici quelques semaines fêteront leur quart de siècle d’existence, et donc de présence sur scène. Car pour cette tribu originaire de Lyon, jouer a toujours été un catalyseur, la meilleure façon d’apprendre et de passer d’envies festives à quelque chose de plus puissant, d’une grande liberté d’action parfois un peu chaotique à une direction plus poétique. La cohésion ne peut s’apprendre qu’avec la patine du temps, 25 ans est un bon âge pour entrer dans l’âge adulte, ou comme l’affirme la formule consacrée celui de la maturité. State Of Emergency, ce sixième et nouvel album résume les épisodes précédents de brillante manière (ska-reggae, envolées balkaniques, electro rock, chanson…) et les synthétise. Chacun y entendra ce qu’il aime, de La Mano Negra aux Négresses Vertes en passant par Shaka Ponk ou même du Louise Attaque côté français, mais ce serait trop réducteur. The Clash ou Bob Marley sont aussi de la partie. Toujours avec une identité forte, celle du Babylon Circus, qui parvient à assumer une homogénéité dans la variété.

Si ce nouvel album s’intitule State Of Emergency, ce n’est pas seulement une référence au contexte politique du pays qui le voit naître. Comme dans la chanson éponyme co-écrite avec Barry Moore, inspirée par l’état de la planète, ces incendies sur tous les écrans, il parle aussi de l’état mental de ses auteurs, d’un besoin de créer pour sauver sa peau, pour ne pas sombrer dans la folie. Une envie irrépressible de dire ce qui les hante et d’aller le chanter sur les scènes du monde entier. « De la Nouvelle Zélande à l’Afrique du Sud sans oublier l’Europe et les Etats-Unis, c’est vrai qu’on a eut de la chance, on a quand même beaucoup tourné nous confie David Baruchel, l’un des deux chanteurs. On a pris un peu de temps pour nous, j’ai repris des études, et pour nos gamins…  Et même si on n’a pas vraiment cessé de tourner, on était passé en mode ralenti, c’était essentiel pour retrouver une fraîcheur. » « C’est Colin, mon p’tit frère, qui a commencé à nous faire écouter des morceaux, enchaîne Manuel Nectoux, l’autre voix de la bande… après plusieurs années comme producer dans des studios londoniens dans le rap, la pop, l’electro, il est venu faire carrière à Paris avec succès sur des titres plus mainstream. Il passait souvent dans notre studio à Porte de Clignancourt pour bosser avec Olivier Soumali, clavier et arrangeur du groupe, véritable maestro de la mélodie et du rythme. Un jour ils nous ont proposé de lancer la création du prochain album. » Colin avait 7 ans quand Le Babylon Circus est né, et c’était le groupe de son grand frère. Il en a vu les débuts et les évolutions et partage avec les membres du groupe une vision de son identité profonde, de son originalité, tout en ayant l’expérience des musiques actuelles. Ensemble, ils vont miser sur l’authenticité: le cru 2020 est donc retourné aux basiques, énergie débordante sinon époustouflante mais surtout communicative. Il y a de l’organique mais aussi du chimique dans ce nouveau chapitre. De la vie, des réactions incontrôlées et parfois mystérieuses nés de hasards forcément fortuits. C’est ce qui en fait d’ailleurs tout le charme. « On avait aussi envie de featurings, ce qui nous a pris plus de temps que prévu, mais le jeux en valait la chandelle: Ben l’oncle soul est là, Sylvain Duthu de Boulevard des Airs aussi, sans oublier Barry Moore le protégé de Yodelice, Adil Smaali du groupe Aywa ou le jamaïcain Cédric Myton, l’un des fondateurs des Congos. Ça valait le coup de rajouter quelques jours sur le planning! » L’album s’ouvre sur « Monster », un titre au mantra répété presque à l’infini, histoire de conjurer définitivement toutes ces années où la bête dormait. « I wanna see the monster / I wanna see the animal / See the animal in you… » Appel au public flirtant allègrement avec le rock anglais, même s’il est toujours très difficile d’effacer complètement les gènes jamaïcaines de la bande. Ici, le côté dub est passé à la moulinette de l’emportement.

Alors que les chœurs et la voix doublée dans « Tu n’écoutes même pas » posent un texte au double sens évident. A qui s’adresse ce « Tu m’entends quand je te cause ? » qui ponctue le morceau ? A une mystérieuse fiancée ? Aux politiques ? Un élément de réponse nous est apporté par David : « Finalement, c’est une séparation amoureuse, mais aussi un exemple parmi tant d’autres d’ailleurs de ces protestations qui habillent notre quotidien. Citons les conflits enfants-parents, les manifs pour le climat, les plaintes pour harcèlement ou contre les burn-out en entreprises… On peut donc l’interpréter comme une interpellation à tous nos supérieurs, même si au départ, je pensais vraiment à une chanson d’amour… » Double sens donc, mise en abîme de paroles que la foule se dépêchera de reprendre pour supporter le groupe, on voit d’ici les salles chauffées à bloc. Ce qui n’empêche quelques moments d’accalmie. Comme cette reprise identifiable entre mille qui sied parfaitement au chant de Manuel. « « Le Partisan » est une chanson que l’on apprécie énormément. Cette chanson est extrêmement chargée, c’est une ode à la résistance. On fait beaucoup de reprises de Leonard Cohen dans le tour bus, c’est sans doute ma voix grave qui me pousse à aller dans cette direction. C’est une chanson positive mais de guerre, et ce côté résistant nous a toujours animé. On était déjà allé par là dans le passé avec des titres comme « Warlord » ou « France ta mère ». Ici, Adil Smaali un artiste marocain basé à Montpellier est venu chanter en duo. Et ça nous semble vraiment fort. » « Rio Grande » offre de nouveaux espaces au Babylon Circus. Cette frontière naturelle (qu’un certain président s’apprête à renforcer d’un mur…) a inspiré le groupe jusqu’à mêler les cuivres latins et l’accordéon, le tout porté par un texte politico-romantique déclamé en anglais, une histoire d’amour entre les deux rives. Ce qui ne tue pas rend plus fort, le Babylon Circus est de retour, plus en forme que jamais, qui plus est, au grand complet, et oui, ça va faire mal.

Christian Eudeline

Discographie

State Of emergency
… 2020 / Akirira / One Hot Minute

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