Guerriers Amoureux de Jean-Louis Costes

Guerriers amoureux – Jean-Louis Costes.

costes guerriersGuerriers Amoureux est le dernier roman de l’Antonin Artaud moderne, Jean-Louis Costes. L’artiste underground à la large production : une tripotée de cds, des films en tant qu’acteur et réalisateur, des opéras pornos-sociaux et plus récemment des livres. Son « Grand-Père » était sorti chez Fayard, il a surpris son monde le Costes ce coup-ci. Puis retour hors des sentiers battus pour les deux romans suivants. L’avant-dernier a été refusé par toutes les maisons d’édition et pour ce nouveau il n’a pas tenté de le proposer à un éditeur. Finalement, comme le précédent, il le propose en auto-édition chez eretic art.
Puisqu’avec Costes, il est très souvent question de caca, on peut aisément dire qu’il écrit comme une diarrhée, mais c’est bon et chaud, bien coulant comme le clacos de l’avant-veille. Ce roman est une quête haletante, rapide et explosive.

2 hommes – 1 femme, des chiées de possibilités, ou aucune. Un univers gris-bunker dans la banlieue nord de Paris, ville phare à l’horizon. Momo le dealer rebeu caïd, Patou le céfran lope bon gré mal gré, Darlène la collégienne allumeuse allumée haïtienne. Une cité pleine d’emmerdes, de crack, d’alcool et de vide. Chaque protagoniste finit par aimer les deux autres, à leurs façons, dans le cul. L’amour façon téci s’entrevoit par la petite lorgnette anale, en cachette. Momo, Patou et Darlène finissent par s’évader, overdosés, lassés, accablés, usés. Le premier part vers l’Afrique en guérillero religieux, le deuxième fuit pieds nus en Amérique du Sud sur un malentendu et la dernière débarque aux États-Unis pour des trips vaudou salvateurs. La suite de leurs aventures laisse rêveur. Si les road-trip des persos peuvent se concevoir sur le fond (aller découvrir le filon d’or par exemple), sur la forme c’est puissant, du SAS sous crack, du Tintin sous LSD. Ça explose de toutes parts. Ça tue, ça baise, ça déglingue. C’est lourd et répugnant, mais aussi drôle et hallucinant.

Qu’on ait envie d’y croire ou qu’on n’y croit pas une seconde, on y est pas insensible, car le récit de Costes est bercé dans le réel, le réel qui tache, qui fait mal au cucul. L’écriture de Costes est crue, car le réel est cruel. Il ne prend pas de pincettes, il déchiquette à la machette. Pourquoi se raconter des histoires de princesses quand on est que des souillons ? Cendrillon, mes couilles ! Dans la vie, pas de princes charmants, justes des mecs qui cherchent à t’enculer. La violence narrée tout au long du roman est la même que celle que la ménagère entrevoit au 20heure, mais sans misérabilisme, sans journaleux à la diction déshumanisée saccadée, sans pub à la con, sans présentateur qui choie et aiguille les téléspectateurs. Costes t’embarque dans sa diarrhée et tu suis sans reprendre ton souffle. C’est sale comme Monsanto. C’est amoral comme un banquier. C’est trash comme le FMI. Eux ont le droit, tous les pouvoirs. Costes, lui, est hors-jeu, jugé trop obscène. Allez donc comprendre pourquoi.

L’interview de Costes par La Tête de l’Artiste pour la sortie de ce roman :

« Guerriers amoureux » est en vente sur http://eretic-art.com/costesguerriers.html (18 euros)

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