Réédition du roman Rouge Brun, de Yann Landry

Le roman de Yann Landry, Rouge Brun, ressort aujourd’hui dans une version revue, augmentée et illustrée (par Alec Lloyd Probert). Vous pouvez toujours vous saisir également de Matière Noire, bande-dessinée en noir et blanc.

Pour les commander, rien de plus simple, cliquez sur l’image ci-dessous :

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Le Manque – Torse nu dans la fosse – nouvel album – chronique

« L’alcool est une drogue légale qui te régale » et c’est l’osmose (track 21). Le Manque vient droit de Chartres, ce qui n’est pas si grave, et produit de la variété française de haute volée. Pour imaginer la suite, prenez du Brassens, prenez du Temesta et ne prenez qu’un verre de gros rouge. Et vous souffrirez du Manque. Ce groupe provoque une maladie addictive qui n’est létale que pour la ménagère de moins de 50 ans, sauf si elle-même prend les substances sus-citées. Le Manque sort prochainement son troisième album, Torse nu dans la fosse, dont le titre est déjà évocateur de la férocité imagée du duo du Centre. Quand je vous dis que c’est de la variété, ce n’est pas n’importe laquelle. C’est que leur 22 chansons sont variées et profondément pop.

Dans un monde parfait ou étrange ou mieux ou les trois, le Manque serait publicitaire, avec son sens cruel de la formule pour les titres (Je veux un enfant médiocre, Pizza duo fille seule, Nietzsche m’a tout piqué…) associé à de la musique minimalistement épurée mais aux éclectiques styles, ça ferait faire un malheur.

Découvrez le Manque au quotidien en cliquant sur les photos ci-dessus et arrivez sur leur facebook.

Lionel Fondeville est le compositeur-interprète tandis que Christophe Esnault est l’auteur de ces textes d’une exceptionnelle singularité. Mais ne vous trompez pas, pour ajouter une petite part d’étrangeté, vous verrez Christophe Esnault sur leurs nombreuses vidéos et entendrez la voix de son compère. Un vrai animal à deux têtes, parfaitement complémentaire le Manque.

Le réel qui tache a toute sa place ici, le quotidien intime dont on ne parle à personne, celui qui, ironique, vous fait rire jaune ou pleurer gris (nda :pleurer gris n’est pas une vraie expression, ça colle bien là, cherchez pas…), comme pourquoi les femmes couchent-elles avec ce genre de mec ? (track 11) alors qu’elles sont encore plus nulles mais on ne veut pas le savoir. Comment faire pour passer une journée sans internet, seul et nu ? (track 2, Redéfinir mes objectifs) Il suffit d’enculer des mouches, enfiler des perles et puis enculer des mouches avec des perles, ou faire des listes et des listes de listes ! Comment vivre dans l’Eure et Loir ? Je sais pas… mais c’est évoqué dans beaucoup de titres de l’album. Comment supporter que son gosse fasse mieux que soit ? Alors que « c’est bien plus valorisant de mettre au point un looser » (track 10, Je veux un enfant médiocre). Comment pouvoir épouser Johnny ? Il ne faut déjà pas perdre ses cd en allant chier en backstage d’un de ses concerts (track 14, Fan de Johnny), de toutes façons « Johnny, c’est rien qu’une crevure ». Comment désinfecter la javel ? Si on a des tocs, on peut (track 19). Pourquoi Fabrice Pedrono fait-il les courses de son ex ? (track 8)…  Pourquoi les films de Garrel ???? (track 18)

Voici un clip qui explique un peu plus ou moins l’état d’esprit du Manque, un morceau « disco dance » pouvant faire fureur à l’Atlantide de Chartres (?) :

Hormis Nietzsche, Le Manque, c’est aussi des références encore plus surprenantes comme celle à Sarah Kane (« Il y a pire qu’avoir la cinquantaine et de la graisse. Avoir la trentaine et être mort » S. Kane), une dramaturge anglaise morte à 28 ans pendue par ses lacets il y a 15 ans et qui a peu produit – et pour cause -. Parmi ses quelques œuvres (surtout des pièces), l’une est intitulée Le Manque… Et le Manque de lui rendre hommage avec ce titre surréaliste (track 15) se passant dans une chambre d’hôtel à l’abri de l’œil crevé de la télé. « Si la vie ne vaut pas la peine d’être vécue, dis-toi bien que la mort ne la vaut guère non plus » lui chante Lionel Fondeville… Mais aussi cite gaiement les noms des hauts parrainages mélancoliques comme Leonard Cohen, PJ Harvey, Joy Division ou (Johnny Hallyday).  Le Manque est un duo à la psychologie sarcastique recherchant inlassablement à combler le manque dans les rapports qu’on développe avec ses congénères. La Manque aime l’amour (track 17, Le jardin des caresses), celui qui fait souvent mal au cul-cul, l’amour inachevé, l’amour déçu, raté, contrarié (track 3, Je ne me souviens pas de toi)… Torse nu dans la fosse, c’est le résultat de l’amour.

Découvrez 5 clips extraits de cet album, car Le Manque n’est pas prolifique qu’en musique mais aussi en vidéos indés (voir leur chaîne youtube bien remplie):

Torse nu dans la fosse est un album qui accompagne merveilleusement bien un lundi de RTT en novembre, une soirée avec un pote chiant en juillet, une matinée de mars à attendre le mec pour le relevé GDF, … Un album adapté à toutes situations, recommandé pour passer un jour de plus, outre la loose.

Si vous ne fredonnez pas joyeusement Fais pas ta pie crevée, fais pas ta pie crevée ! (track 1) après avoir écouté tout le disque, c’est que vous devez appuyer à nouveau sur le bouton play et vous refaire les 22 titres médicamenteux de cet album. Ceci est une prescription valable jusqu’à ce que vous fredonniez Fais pas ta pie crevée, fais pas ta pie crevée !

Pour acheter les albums précédents, c’est par ici : http://lemanque.free.fr/acheter_le_CDbis.htm. Et vous pouvez écoutez quelques titres ici : http://lemanque.free.fr/le_manque_mp3bis.htm

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Syd Kult – Reflections of the Black Sun – nouvel EP – Chronique et interview

On découvre cette semaine le nouvel EP 4 titres des Syd Kult, un groupe ‘deep rock’ que l’on avait interviewé en février dernier (interview vidéo ici) pour la sortie de leur précédent disque, Syd Kult. Ce précédent disque nous avait marqués par sa capacité à nous prendre aux tripes avec ses titres emplis de pathos. Un groupe qui provoque l’émotion, l’introspection et une espèce de recherche. Je vous livre ici une courte chronique de « Reflections of the Black Sun » suivie d’une plus longue interview d’un membre du groupe.

Syd Kult se compose de manière plutôt classique de la troïka du rock, à savoir guitare (Cyril Delaunay) /basse (Jérôme Moreau) /batterie (Frédéric Scipion) auxquelles s’ajoutent ici le clavier de Stéphane Malbéqui ainsi que, bien sûr, la voix de Cyril (et son piano pour l’intro de l’EP).

La musique de ce groupe peut de prime abord apparaitre hermétique, The Kult (track 1) débute l’EP sans une parole, la vocalise se fait cri, énergie du désespoir. Cela annonce clairement la couleur sombre de cet objet musical. On espère que la suite se laissera pénétrer. « Aide-moi mon esprit est vide, donne-moi quelque chose pour vivre, sauve-moi j’ai besoin d’extase » C’est par ces quelques supplications en anglais qu’Overnight (track 2) débute. Et Cyril pousse sa voix grave, rocailleuse, tandis que la guitare crépite son rif et que la batterie sonne la cadence de ce morceau intense qui nous emmène dans le vif du sujet, la folie, la perte de contrôle…

En rappelant que ce disque est auto-produit, on remarque que le son est assez cru, quasi live, avec du gros grain et une bonne dose de reverb. Poussé à plein volume, les limites de l’enregistrement se laissent apercevoir en manquant de puissance mais on remue bien la tête tout de même ! Surtout sur My own God (track 3), un titre qui assomme bien, une montée en puissance, on se relâche, on écoute, le morceau alterne force et contemplation, sans que cette dernière ne dure très longtemps, éclipsée par des refrains virils. Avec Dead end (track 4) la voix se fait douce-amère, s’ensuit une accélération, un nouveau motif, pas plus gai, non, c’est la jubilation de la fin. De la fin de chacun et de tous.

4 titres (en écoute plus bas), c’est court. Mais suffisamment convaincants, ça se réécoute. Et on attendra avec cet EP la suite des Syd Kult.

Pour votre plaisir, la groupe vous a concocté un teaser, avec pour bande son The Kult, sous forme d’un montage vidéo montrant leurs influences et leur goût du cinéma classique (Metropolis, Freaks, What Ever Happened to Baby Jane?, Last man on earth et The Masque of the Red Death – les 3 derniers sont de 1964, année importante pour Syd Kult ou est-ce un hasard d’esthète ?)

Et voici l’entretien que nous avons mené par échange de courriers électroniques avec le leader du Kult, Cyril, :

La Tête de l’Artiste : On découvre un EP avec une intro au piano assez sombre, quel était ton état d’esprit pour la compo ?

Cyril : J’étais effectivement dans une humeur assez mélancolique et torturée. Quand j’ai commencé à composer cette chanson, j’ai pianoté et les premiers accords sont sortis. J’ai immédiatement pensé à une marche funéraire, à une procession (je pense d’ailleurs que c’est ce que je recherchais indirectement). Ce titre fait écho à Black Orchid/Sweet Elevation sur le premier EP, un titre métaphorique sur une naissance, une renaissance même.

La Tête de l’Artiste : Qu’est-ce qui t’a motivé le plus (thèmes d’actu…) dans l’écriture de cet EP plus « dark » que le précédent ?

Cyril : Je m’inspire très rarement de faits d’actu. Sur cet EP, j’avais besoin d’extérioriser une certaine rage, un certain surplus, d’être plus direct. Je ne calcule jamais ce qui va sortir, je prends la guitare ou le synthé et je laisse mon inconscient parler. J’ai d’autres titres qui sont sortis de ces « séances », mais elles ne pouvaient figurer sur « Reflections of the Black Sun ». La littérature et le cinéma sont aussi des sources d’inspiration, j’ai des images qui arrivent directement en parallèle des premiers accords. Des écrivains tels que Poe, Lovecraft, Bradbury, Robert Charles Wilson, K. Dick, mais aussi le fantôme de l’Opéra et le Moine de Lewis.

La Tête de l’Artiste : Quelle évolution dans ton écriture et que racontent ces 4 titres ?

Cyril : Au niveau de l’écriture, pas trop de changements. Influencé au niveau des textes par The Doors, Marilyn Manson ou le blues de manière générale, j’aime le fait d’avoir peu de mots pour exprimer des émotions. C’est ensuite la voix, à travers l’intention et les nuances, qui peut faire passer une idée, une émotion, que l’auditeur s’approprie par la suite.
« The Kult » raconte donc un culte, un rite, une procession de personnes fuyant la Temporalité et la Mort, fuyant leur condition d’être Humain. « Overnight » parle à l’origine d’un homme fuyant quelque chose en pleine forêt, de nuit. Il trouve alors une ancienne église où se déroule un rite présidé par le Diable. Il vend alors son âme au diable. « My Own God » évoque une personne cherchant la paix de l’esprit et la plénitude. Elle voyage alors à travers le temps et l’espace en vain. Elle trouvera alors la solution au plus profond de son inconscient et ne sera plus effrayée par la finitude. « Dead End » marque le tournant du questionnement « je » au « nous ». La réflexion n’est plus personnelle, elle est groupale, mais le déchirement intérieur est le même et l’impasse n’est pas loin.

Les 4 titres de l’EP sont en écoute (et en téléchargement à 4€. Cliquez sur ‘buy’) sur Bandcamp :

La Tête de l’Artiste : Comment s’est déroulée la production aux Cuizines de Chelles ?

Cyril : On a enregistré l’EP en 4 jours aux Cuizines, c’était assez sportif ! J’ai passé 4 jours avec Fred (batteur). Jérôme (basse) est venu jouer sur 2 titres et Stéphane (ancien clavier) sur 3 titres. Le mixage et le mastering n’étaient pas aux Cuizines.

La Tête de l’Artiste : L’artiste doit-il être un ennemi du Droit et des bonnes mœurs ? En gros, un rebelle ?

Cyril : L’artiste fait ce qu’il sent et souhaite faire, tricher ne sert pas la musique par exemple. Quand je compose, je ne me pose pas la question, si mon état d’esprit est « rebelle » à un instant T alors ce sera le cas. S’il est « droit », il le sera, l’important est de laisser parler ce qui nous habite, ce qui nous fait peur

La Tête de l’Artiste : Y a-t-il un idéal à atteindre dans l’Art ?

Cyril : L’idéal est une notion abstraite et complexe. Pour ma part, l’Art te permet de laisser une partie de toi à un moment donné, de laisser quelque chose à voir de toi et que tu partages avec les autres. L’idéal se situe là pour moi, le temps efface tout, mais l’art reste.

La Tête de l’Artiste: Donnes-tu de l’importance au symbolisme ? Et doit-il y en avoir dans l’Art ?

Cyril : Le symbolisme est essentiel dans mes créations, j’aime ce qui donne à réfléchir et à se questionner. Je pense aussi que c’est une manière d’assumer certaines choses à exprimer, c’est là où j’arrive le mieux à m’exprimer en tout cas. Dans l’art, ce n’est pas une nécessité, du moment qu’il se passe quelque chose en nous.

Retrouvez le groupe sur facebook :
Syd Kult Photo groupe

La Tête de l’Artiste : Après deux EP en moins d’un an, as-tu envie de prendre ton temps pour réaliser un LP bien chiadé ?

Cyril : La prochaine étape est bien sûr l’album, qui serait une suite logique. Mais pas question de se presser, l’important à l’heure actuelle est le live, aller à l’encontre d’un public à qui notre musique parle. Le projet n’existe que depuis début 2013, les lives depuis juillet 2013, nous devons trouver notre public !

La Tête de l’Artiste : Quel plan d’attaque pour du live ces prochains mois ?

Cyril : On cherche à aller en dehors d’Ile de France. On a joué à Belfort en juin dernier, en Savoie en août et on souhaite absolument y retourner parce que c’était génial. De même, les festivals sont en ligne de mire pour l’année prochaine, et des pays comme la Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas sont notre priorité. On veut s’exporter un maximum et rencontrer plein de monde !!

La Tête de l’Artiste : Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne route !

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Fabulous Sheep – Festival Univart 2014 – live

Voici pour finir en trombe notre dernière vidéo dédiée au Festival Univart, un extrait du live des agités Fabulous Sheep.

Fabulous Sheep est un pur produit labellisé Béziers qui s’attache à enflammer la scène. Un Rock’N Roll show garanti, servi par des mélodies Pop et des ambiances Post-Punk. Le quintet, muni d’un saxo en furie, donne sans limites en live, et mettra tout en œuvre pour faire vaciller le public du chapiteau, par K.O. Attention aux dégâts !

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Et en recap, la playlist complète du Festival Univart, 57 minutes de Rock :

Les Têtes des Raising Kane – Festival Univart 2014 – live et interview

Raising Kane est un quatuor rock aux influences variant de Queen of the Stone Age à Metallica, qui a proposé au Festival Univart un set Stoner pour le plus grand plaisir de ses fans biterrois. Groupe jeune mais expérimenté sur scène, la puissance de leurs amplis et leur style old fashioned girl ganre Tata Jacqueline n’a pas laissé indifférent. Raising Kane sort son premier album avant la fin de l’année.

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