Catfish – Muddy Shivers – Nouvel album

Le duo jurassien Catfish, composé de Amandine Guinchard, au chant, basse et percussions, et de Damien Félix, guitares, harmonica, percus, claviers, voix, a sorti son premier album en mars dernier. Nous nous livrons ici à la chronique de ce disque percutant.
Vous pouvez découvrir leur esthétique et leur premier single Make Me Crazy par le clip sorti vendredi dernier et réalisé par Jérôme Martin :

Muddy Shivers est un petit morceau d’Amérique, quelque part entre le Mississippi et le Tennessee chers à Elvis et aux blues men. Une voix et un son qui ne se seraient pas sentis perdus dans les 50′s (Big Shivers). Des titres bien sentis et à la production soignée, aux durées radio edit (env. 3 min)… Sans chichis, les Catfishs ne sont pas d’insipides fishs sticks, c’est brut, les rythmiques sont pesantes, les guitares appuyées, la voix n’est pas trop en avant, rendant ainsi l’ensemble homogène (Much Better). Pas non plus multitudes d’effets dans l’enregistrement, sinon echo et reverb sur les virils Black Coat et My Daddy.
On redescend en douceur avec la ballade folk Hold On – attendue comme un répit délassant après une attaque d’album efficace à souhait – où les chœurs nous transportent volontiers.
Avec Catch Me, on avance sérieusement dans le temps, avec ses faux airs heavy, intense et brûlant, placé idéalement après Hold On.

Catfish_Pochette_Muddy_Shivers

On enchaîne par un passage dans le classic rock avec Have a good time. Puis ça dépote 60′s avec My Daddy, on se sent d’humeur blue grass dans une histoire de famille cradingue à la guitare saturée, distendue. L’album poursuit son voyage rock par Like a cloud, bien classe et classique, et Not Alone, un blues à la basse bien lourde. Du blues, on en garde avec la suivante, Old Fellow, un rock sombre, triste et étouffé, puis se faisant vibrant et actuel.
On finit par Drag You Down, un petit bonbon doucereux, tentent de nous achever en nous démoralisant mais on y mord pas. On reste habité par cet album, Muddy Shivers, qui se balade en virtuosité dans les méandres marécageux de l’histoire de la naissance du Rock, en se le réappropriant pour bien nous faire comprendre le pourquoi du comment du Rock, le Blues.

Catfish – Muddy Shivers

A acheter en CD : http://musique.fnac.com/a6935207/Catfish-Muddy-shivers-CD-album

Ou en vinyle :  http://musique.fnac.com/a6935209/Catfish-Muddy-shivers-Vinyl-album
Label Volvox
Distribué par Pias
Réalisé par Antoine Coinde et Catfish
Enregistré et mixé au studio Le Hameau
Masterisé par Globe Audio Mastering

Fabulous Sheep – Une jeunesse à côté – L’interview

 

Une jeunesse à côté,  le CD 5 titres des Fabulous Sheep, groupe rock/punk de Béziers. Un vrai disque garage, au sens premier du terme, du fait maison, du qui gratte, du qui envoie, en force.

Pour écouter ce premier CD :

 

Comme c’est un groupe qui se bouge et qui fait bouger, avec leur association, il met en place le Festival Univart le 13 septembre prochain à Béziers. Festival pluridisciplinaire devant accueillir plus d’un millier de personnes, plus de 15 groupes et artistes… Affaire à suivre, on en reparlera…

 

Interview filmée au Bistrot des 5 Têtes et captation live filmée au Capharnarhum, Béziers.

Antigone Project – The Voyager – le teaser par La Tête de l’Artiste

Antigone Project, groupe rock que nous suivons depuis nos débuts il y a trois ans, nous a chargés de réaliser le teaser vidéo pour la sortie prochaine de leur CD 4 titres. Ce teaser est un montage de quelques concerts que j’ai filmés pour Antigone Project. Le son est un des tout nouveaux titres du groupe, The Voyager, en version courte, pour vous attiser… Ça marche ? Vous en voulez plus ?

Vous trouverez tous les détails sur leur facebook.

Billie – Le Baiser – Nouvel album

La chanteuse Billie sort le 31 mars l’album Le Baiser. Vous pouvez découvrir ci-dessus le clip du premier titre du CD, Sangtimentale, réalisé par Joss Alt. Et ci-dessous notre critique en avant-première, car nous avons eu le privilège de découvrir le CD la semaine dernière (et nous aurions dû interviewer Billie, mais ce plaisir fut annulé par les ravages d’une grippe explosive, nous espérons pouvoir remettre cette rencontre à plus tard afin de vous offrir une Tête de l’Artiste digne de ce nom…).

Des textes concis recherchant la poésie profonde des mots, à l’ancienne. Une rythmique électronique entêtante, contemporaine. Une voix douce servant une pop électro surprenante.
Une fraîcheur sensuelle pour le premier morceau Sangtimentale, hymne à l’amour charnel, à l’interdit à violer sur un beat electro. On enchaîne logiquement avec Ta Bouche, tout aussi sexy, un appel au Baiser justement, le tout soutenu par une basse disco.
Plus social, Dehors sonne pour nous comme un bilan des années Sarko avec ces chasses à l’étranger, ces non-reconductions de visas étudiants, ces enfants placés en camps de rétention… cette ambiance hostile envers des minorités invisibles ramenées bien malgré elles sur le devant des actualités télévisées où Billie se demande si elle connaît encore ce pays… Nous non plus.
La Fille de Peter Pan nous fait voler vers une fantaisie bienvenue dans laquelle Billie vole de nuit, la suivrons-nous ?
Le texte de la chanson suivante, L’Amour Amer, a été écrite par Kent, cet ancien leader de l’éphémère mais marquant groupe rock Starshooter au début des 80′s en pleine tendance punk new wave, et qui connaît depuis une carrière discrète faite d’albums confidentiels et d’écriture pour certaines stars de la variété française. L’Amour Amer sonne comme le pendant vache de Sangtimentale, où l’amour est une nouvelle fois cruel. L’aimera-t-elle encore de cette manière ?
Avec le morceau Chronologie, Billie réfléchit tout en douceur sur le destin et la manière dont le temps file et qui a tendance à nous laisser coi. Et finalement qu’importe notre âge tant qu’on peut espérer trouver notre place…
Dans le titre Billie, l’auteur-interprète nous narre l’histoire rude et terrible de Billie Holiday. Des quartiers pauvres et sans destin de Baltimore jusqu’à la reconnaissance de cette enfant fragile qui sombra dans la drogue, un péan à sa déesse, Billie. On apprécie particulièrement son solo de basse final et funky qui propose une transition agréable et insolite avec l’Arme Bleue, plus classique, ouvrant avec le violoncelle de Théodora King. Au premier tiers – et jusqu’au bout – de ce dernier titre évoquant une sirène de miséricorde, l’électronique vient poser sa patte velue en frappant comme des petits coups de lasso, finissant cet album empreint de cette marque électronique constante.

On se questionne sur la destination de cet album mi-pop mi-club où les claviers et machines de Teddy Elbaz tirent, à notre sens, un peu trop la couverture pour des mélodies que nous aurions aimé plus légères – ou du moins plus en retrait. Si les textes sont bons, réfléchis et bourrés de jeux de mots sentis, l’ultra présence électronique rend la chose à la limite d’une sophistication presque étouffante sur toute la durée des 9 titres de l’album, comme par exemple cette nappe de bourdonnement étrange sur tout le morceau instrumental Sauerkraut Voyage qui gène un tantinet l’écoute d’un violoncelle efficace et d’un piano aussi précis que sobre.

Si l’ensemble se tient et que la production est recherchée, nous aurions apprécié une plus grande simplicité et sobriété. Mais Le Baiser est finalement d’une belle particularité qui nous a surpris.

Il est à noter qu’un nouveau clip viendra couvrir la sortie de l’album.

Sortie de album dans j-5 et en pré-commande FNAC : http://musique.fnac.com/a6966913/Billie-Baiser-CD-album

Billie, sa page FB : https://www.facebook.com/Billielapage