Viramundo – Gilberto Gil – Un voyage musical – 1 pack DVD-CD à gagner

Sorti au début du mois, Viramundo est un documentaire nous emmenant en voyage avec le mondialement célèbre musicien brésilien Gilberto Gil. La Tête de l’Artiste vous propose de gagner un pack collector en répondant via notre page contact à cette simple question :

_ De quelle année à quelle année Gilberto Gil a-t-il été ministre de la Culture ?

A vous de jouer ! (la cinquième personne à répondre correctement gagnera le pack)

Le pack comprend le DVD incluant le documentaire ainsi qu’un concert de Gilberto Gil en bonus et un CD musical (The South African Meeting Of Viramundo).

Voici la bande annonce de Viramundo, film réalisé par Pierre-Yves Borgeaud, qui avait réalisé précédemment un autre film musical autour du chanteur sénégalais Youssou N’Dour, Retour à Gorée (2008) :

 

Le documentariste a suivi Gilberto Gil lors de sa tournée dans l’hémisphère Sud, entre l’Afrique du Sud et l’Australie. Gil se rendra lors de ses pérégrinations en territoires aborigènes, dans des townships et au cœur de l’Amazonie. Un mot d’ordre : des rencontre intimistes avec les populations locales indigènes. Celles-là même ayant subi les colonisations des peuples occidentaux. S’il participe à des rencontres protocolaires, Gil chante surtout. Chante avec tout le monde. Avec passion et amour du partage. Jusqu’à un featuring pour un rap aborigène dans une MJC. Mais reprend également avec Peter Garrett le hit Bed are burning des Midnight Oil.

Gilberto Gil a confié qu’après Viramundo que son engagement s’était renforcé : "Nous devons à tout prix continuer à lutter pour un monde meilleur et une meilleure cohésion sociale au niveau mondial", déclare-t-il. "Si vous étiez prêt à vous engager avant, après ce film, vous êtes prêts à vous engager de plus belle et à lutter avec intelligence et de toute votre force physique et spirituelle pour un monde meilleur."

20 000 jours sur Terre – Le docu fiction sur la vie de Nick Cave – la bande annonce

Hier est sortie la bande-annonce du docu fiction à propos du chanteur australien Nick Cave, 20,000 days on Earth. Le film sortira en France sur les écrans le 17 décembre 2014, de quoi se mettre dans une mortelle et bonne ambiance avant les fêtes. Ce film réalisé par Iain Forsyth et Jane Pollard a remporté deux prix (ceux de la réalisation et du montage dans la section «World Cinema Documentary») au festival du film indépendant de Sundance l’hiver dernier. Les deux réals sont des collaborateurs de longue date de Nick Cave (une série documentaire inédite en France Do You Love Me Like I Love You, le livre audio 3D de La Mort de Bunny Munro…). Cette projet artistique nous intéresse sur La Tête de l’Artiste car la démarche proposée est de nous offrir un portrait intime de l’artiste, de découvrir sa démarche artistique et d’examiner ce qui fait ce que nous sommes et célébrer le pouvoir de transformation de l’esprit créatif. Rien que ça ! Mais il se trouve que cela est la thématique principale de notre site internet. Montrer, découvrir, comprendre.

Je vous laisse découvrir ici cette bande annonce :

Nick Cave a écrit lui-même le scénar’ de ce docu. Des scénarios, Cave en a déjà écrit trois, tous pour son concitoyen le réalisateur John Hillcoat (vous pouvez retrouver notre chronique sur son clip pour Cave, le sulfureux et cencuré Jubilee Street), dont le remarqué Des Hommes sans loi en 2012 avec Tom Hardy, Shia LaBeouf et Guy Pearce. Nick Cave compose également des bandes originales de films (La Route, Loin des Hommes…). Ses propres titres ont été choisis pour illustrer une cinquantaine de scène de films (surtout le ténébreux Red Right Hand qu’on retrouve dans Hellboy, Scream, X-Files, Dumb and Dumber…). Les liens entre Nick Cave, son œuvre et le cinéma sont nombreux. Mais quel est le but de se mettre soit-même en scène au 20 000 ème jour de sa propre vie ? Avoir 54 ans (il en aura 57 en septembre), avoir vécu dans les 80′s cocaïnées de Berlin et Londres et s’étonner de n’être toujours pas mort ? Être une rock star mais n’être qu’une confidentielle rock star et tenter de se montrer comme icône vivante, à l’image de son favori, un certain Elvis P. ? Même John Malkovitch n’était pas allé si loin… Ou Nick Cave tente-t-il de montrer avec ce docu fiction la vacuité de sa vie ? Que se mettre en scène est être hors la vie ? Que de traîner avec Kylie Minogue n’est pas si cool que ça ? Autant de questions qu’il me tarde de résoudre le 17 décembre prochain.

Durée du film : 95 minutes
Avec : Nick Cave, Susie Cave, Warren Ellis, Darian Leader, Ray Winstone, Blixa Bargeld, Kylie Minogue…
Réalisé par : Iain Forsyth & Jane Pollard

Sur Twitter: https://twitter.com/20000days
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Epsylon – Manufacture Du Temps – Nouvel album – Chronique

Le groupe vendéen Epsylon vient de sortir son troisième album studio, Manufacture du temps. Un album qui débute par une chorale de sons de trotteuses, de cloches, de coucous… Le temps se crée, se forme, se déforme. Va-t-il me sembler long à l’écoute de cet album ? Un album dont la première minute nous laisse penser que nous avons là un album rock classique mais à partir de 1 min 30, la veuze entre dans l’équation. La veuze est le petit nom de la cornemuse en Vendée. Là, on se demande à quelle sauce on va être mangé. Le sextet nous sert bien un rock, un rock régional… On y trouve donc la veuze, mais aussi la bombarde et même du oud ! Le tout accompagné des guitare, basse, batterie rocks et pour finir du violon, saxophone et même de l’accordéon ! La crêpe complète ! Archi-complète ! Comment tout cela cohabite; découvrons-le de suite.

Rien de mieux qu’un teaser pour se mettre dans l’ambiance d’un groupe et d’un album, histoire d’apercevoir si les membres du groupe sont bien là, présents, rocks.

Le Temps (track 1) nous entraine vraiment dans sa course, une course effrénée, à l’énergie toute scénique pour ce groupe de concerts (on a pu les voir avec Absynthe Minded, Sergent Garcia, Katerine, Soldat Louis, La Rue Kétanou…) et qui en assure une cinquantaine cette année. Un rock celtique qui poursuit sa route en Exil (track 2), le mélange opère plutôt bien et Nicolas Michon chante le manifeste du groupe, amenant ses membres toujours vers l’avant, partout dans le monde. Un hymne à l’ouverture.

Vous pouvez écouter les titres de l’album et l’acheter en cliquant sur ces boutons :

Manufacture du temps Manufacture du temps Manufacture du temps

Dans mes veines (track 3) est dans la bonne continuité, un morceau orientalisant, le oud ouvre la danse. Mais la suite du morceau est plus classique rock français, surprenant, et les instruments à vent arrivent bientôt. Il y a beaucoup d’instruments, presque trop, la voix semble perdue. Un solo de saxo sobre m’enlise dans mon compréhension du morceau qui repart aux accents orientaux puis plus du tout… Étonnant. Pour notre santé mentale, on retrouve de la guitare électrique, de la basse en avant à l’entrée de La Passe (track 4), du rock ample; un mec qui va aux putes. Pour de la chanson française, les paroles sont loin d’être connes, évitant les écueils des lieux communs. L’écriture est sobre et ne me gène pas, au contraire. On retrouve justement une voix bien en avant dans Un idéal (track 5), rock aux refrains celtiques qui, une fois la surprise passée, sonnent de mieux en mieux.

Cliquez sur leur photo et découvrez leur page facebook :

Epsylon le groupe

Epsylon, au bord de l’eau, de la Loire ? Crédits Mathieu Ezan.

Un printemps (track 6) relance l’album avec plus de légèreté, de mélancolie, et retourne du côté de Tunis, avec plus de cohérence que Dans mes veines, le mélange y opère mieux, plus de simplicité et une meilleure présence du oud tout du long. Une belle évocation des printemps arabes. On reste dans la nostalgie avec la suivante Je me souviens (track 7), sans tristesse ni mélancolie et avec des mélodies guillerettes de l’accordéon. Le brasier (track 8) remet le feu, en puissance, bien catchy, couillu. Chaque seconde (track 9) poursuit avec l’énergie rock d’un l’ensemble finalement cohérent. Comment mieux finir qu’avec Aux hommes debout (track 10), là c’est un morceau que j’attendais, marqué par son texte engagé, les instruments trouvent bien à leur place et où l’on peut enchainer ainsi un solo de violon avec un de guitare électrique, un final pétaradant, et une toute fin en finesse…

Bref, Manufacture du temps, avec ses morceaux de 3 minutes, passe bien vite, sans pour autant s’évaporer. Les mélodies et le son de la veuze s’accrochent. Pour son troisième album en huit ans, Epsylon, par ses textes et sa créativité, montre un registre étendu, volontaire, marquant. Parfois, la multiplicité instrumentale du sextet peut surprendre et nous laisse légèrement de côté, coi. Parfois, l’intimité se crée et le charme de ce rock aux accents celtiques opère. On prendra le temps pour la suite…

Le groupe sera de manière très originale en concert au Koweït la semaine prochaine – j’aurais jamais cru écrire Koweït sur mon site –, puis de retour en concert dans le grand Ouest français à partir du 14 juin (toutes les dates sur leur site).

 

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Le groupe Epsylon :

Nicolas Michon : chant, Guitare
Christophe Pouvreau : violon, accordéon, Veuze
Denis Grollier : bombarde, sax soprano
Antonin Martineau : basse, Oud
Aurélien Dupont : guitare
Benjamin Sanchez : batterie

So Was The Sun – By far the worst, In memory of the milk – Nouveau 2 titres – Chronique

Les So Was The Sun viennent de sortir un cd 2 titres. Ainsi était le soleil, ainsi était le soleil, ainsi était le soleil… incantation à Râ, à Hélios, Sól ou encore Huitzilopochtli ? Le soleil désacralisé, la fin du mythe, le début de l’âge sombre ? Une nouvelle cosmologie ? Du post-punk qui disent. Du rock ! Du rock ! Du bordel !

Nous avions eu l’occasion d’interviewer en vidéo en 2011 le chanteur/guitariste du groupe, Palem Candillier, pour la sortie de leur premier CD éponyme, nous le retrouvons aujourd’hui avec une nouvelle musicalité et un line-up légèrement modifié. Arrivée de Yann Le Tallec à la basse mais toujours Loïc Jallais à la batterie, pour une formation resserrée classique guitare/basse/batterie.

Le clip teaser de ce double single (un couple ?), réalisé par le groupe avec des vidéos d’archive de Claudia Lopez Lucia et Igor Rybaltchenko, vous montre l’atmosphère rock du groupe :

Un teaser aux prises de vue en studio, des mots-clés karaoké, un rythme visuel calqué sur le rythme musical, un teaser simple et efficace, pas prétentieux, à l’image du groupe. Le seul clip du groupe avait été réalisé par le regretté Henri-Jean Debon, le réal’ attitré de Noir Désir, rien que ça. On leur souhaite de bien s’entourer de nouveau pour la suite audiovisuelle en gardant bien en tête leur identité cradingue. Bien s’entourer pour bien faire, So was the sun n’a pas l’air d’oublier cela. Après avoir bossé avec Hugo Cechosz (Eiffel), le groupe a fait enregistré ses deux nouveaux titres par Arnaud Bascanuna (Deportivo, No one is Innocent…). Faire peu mais faire bien.  Un 5 titres il y a trois ans, un autre 5 titres il y a 2 ans, un 2 titres cette année. Une production qui prend son temps pour grandir, pour une maturation nécessaire que certains groupes pressés oublient en route…

En écoute sur Bandcamp, où vous pouvez aussi acheter le CD :

Ça crie fort et juste, à écouter les So Was The Sun la musique est bien un cri qui vient de l’intérieur. Du coffre puissant du petit bonhomme Palem sort une énergie vocale bien plus maîtrisée que sur le précédent EP Dead Submarine d’il y a deux ans. Cette voix virile, on l’a ressent au mieux avec By far the worst. Ce premier titre donne la part belle, comme souvent chez les So Was, à la basse et ceci dès l’intro du morceau avec un solo simple et couillu. Au niveau du mix, la voix est bien plus mise en avant qu’auparavant, on découvre une propreté si peu punk pour un ensemble presque propret et surprenant.

Cliquez sur la pochette du CD et rejoignez leur Facebook :

So was the sun pochette

Où Palem est rauque et presque éraillée dans By far the worst, il montre dans In memory of the milk moins de dureté dans la voix, plus de finesse, de grandes envolées trainantes, plus de retenue pour mieux se lâcher en deuxième partie ? Même pas. Après un pont instrumental pêchu, le chanteur revient quasi-lyrique. Mais s’il donne tout à la fin du morceau, ce morceau reste surtout marqué par son instru propre, moins grasse et rocailleuse que sur les précédents EP. Une amélioration harmonique aussi intéressante qu’étonnante.

So was the sun groupe

Le pire du groupe, sa photo officielle en vacances sur une loco. So was the sun aime les vieux objets en métal rouillé : les sous-marins, les trains, les Francis Huster…

Pour finir, s’il est plaisant de laisser tourner ce 2 titres bien foutu, esthétique, il l’est moins de n’avoir à se satisfaire que de deux putains de morceaux. Ok, je disais juste avant qu’il était bon de prendre son temps pour bien faire. Ok, nous allons donc ronger notre frein en attendant le premier album complet du groupe. Ok, mais nous serons encore plus exigeant au prochain opus (plus long…). Est-ce que ce double single servira justement de single à un tout proche album ? Affaire à suivre…

En attendant retrouvez le groupe en concert dimanche 8 juin avec 6 autres groupes à l’occasion de la soirée "Go With My Rock" au Klub, 14 rue St Denis, Paris.

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Boogers – Running in the flame – Nouvel album le 2 juin 2014 – Chronique

Boogers signifie crottes de nez… Voyons si après l’écoute de l’album Running in the flame, on aura envie de se l’arracher avec l’ongle du p’tit doigt, le rouler en boulette entre le pouce et l’index puis, d’une pichenette, l’envoyer voler loin, loin tout là-bas ou si au contraire on le reniflera jusqu’à la fin. (Ceci est mon intro la plus régressive et dégueue, dans laquelle je n’irai tout de même pas jusqu’au c’est bon mangez-en…)

Derrière Boogers ne se cache même pas le fantasque Stéphane Charrasse. Étrangement, Boogers est un grand fan de Weezer, groupe qui a pu me procurer d’intenses sursauts d’endormissement avec le chiantissime Island in the Sun sur toutes les radios dès mai 2001 jusqu’à ce que Oussama ne me réveille complétement en septembre… Comme Weezer, Boogers surfe sur une power pop dynamique avec tout un tas de couleurs, de jeux musicaux. En revanche, Running in the flame sonne plus électro-pop mais en plus viril qu’à l’habitude, empli de fantaisie et de samples, riche en sonorité, en rythmes différents et en originalité qui offrent un album varié quasi-inclassable et c’est tant mieux.

En attendant un clip lié au nouvel album et pour illustrer Boogers audio-visuellement voyez un extrait live de l’album, avec le single Big Summer capté à l’Astrolabe d’Orléans par l’Astro TV :

Le premier morceau de l’album, Nerves, donne d’emblée un ton énergique, scénique, un mouvement punk lié aux riffs gras de la guitare électrique. La suite redescend sur une vague plus légère avec I’m there (track 3), une ballade dont le final rythmé nous amène logiquement à The big summer (track 2) cependant plus punchy et aux nappes électro festives de bonnes augures.

Avec Going Downtown (track 4), l’énergie demeure mais sur une compo plus folk/rock détonante. Alors que la suivante Oh my love (track 5) est une espèce d’électro-reggae tout particulier. Et ce mélange de genres est la force de Boogers, à savoir ne pas se satisfaire de faire simplement de la pop, mais d’en revisiter les styles marquants. De même l’album se poursuit avec un rock bien saturé, Showtime (track 6) et continue en nous satisfaisant avec un morceau à la Eels, une douce pop à la voix filtrée, éthérée, titre de l’album dont on imagine bien un clip illustrant cette track 7.

Cliquez sur le portrait de Boogers et tombez sur sa page Facebook :

crédit Francois Berthier

Boogers – crédit Francois Berthier

Ensuite Boogers se demande pourquoi (Dis-moi pourquoi, track 8), pourquoi ? Seul morceau en français, qui est plus un long intermède concept qui ne répond bien sûr pas à la question initiale mais qui nous remet dans l’ambiance avec She says yeah (she said no) (track 9), ce rock aux touches vintage limite fanfare et qui retourne en deuxième partie dans une power pop symbole de l’album. On ralentit le rythme avec l’avant dernier morceau You don’t know (track 10), compo assez planante, on y reprend notre souffle, on repense aux autres morceaux, on se laisse bercer, on se demande si Stéphane Charrasse a fait tout ça tout seul, on se demande si cela peut peut sortir de l’underground indé. Finalement le morceau s’évanouit et l’album, comme depuis le début, enchaine sur toute autre chose. Une espèce de titre de fin de nuit dance floor, un morceau électro saccadé, voix calme et pompe rythmique entrainante sinon entêtante, Don’t want me (track 11) clôt donc cet album singulier, la chronique d’une journée, d’un morceau de vie où rien ne se rassemble jamais.

Cliquez sur la pochette du nouvel album et tombez dans le myspace de Boogers :

BOOGERS_Running In The Flame_pochette

L’album est comme cela, une montagne russe musicale, un montée punk, une descente reggae, un looping rock… Une suite de morceaux à la durée standard (3 min env.) enchainés subtilement les uns aux autres dans une production propre et fouillée d’un artiste dont on se plait à penser qu’il n’est pas fan que de Weezer… Stéphane Charrasse nous fait donc monter dans une attraction à la fin de laquelle sensations, refrains et riffs vous trottent dans la tête un bon moment et vous font remettre le couvert.

En concert le 8 juin prochain pour le Festival Yeah! à Lourmarin (84).

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